Un nombre croissant de jeunes n’a pas de solution en sortant du Cycle d’Orientation. Au Centre de Préformation Professionnelle, une équipe pluridisciplinaire leur propose un programme individualisé leur permettant de compléter leurs acquis et de s’engager dans une formation.
« Non, je n’étais pas prêt ! » Lorsqu’on lui demande s’il était prêt à commencer un apprentissage au sortir du CO, la réponse de Nicolas, tel un cri du cœur, ne laisse aucune place au doute. Autour de lui, ses camarades abondent dans son sens: « Pour moi, les profs parlaient une langue que je ne comprenais pas. Du coup, je sais que je n’ai pas le niveau scolaire pour un apprentissage, ça me flippe… » « Stressé par les examens, par mes relations avec les autres, je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir à ce que je voulais faire »
Pour ces jeunes, depuis fin août, un véritable travail de préparation a démarré… Solène, a entrepris un rattrapage scolaire : « On a pris le temps de m’expliquer les choses, de se mettre à mon niveau et je comprends enfin, c’est rassurant. » Nicolas, lui, a choisi son métier et a effectué un stage chez un patron. « S’il m’engage, j’irai peut-être travailler 3 ou 4 jours par semaine chez lui, cette année déjà, pour m’habituer…»
A la rentrée 2009, 370 jeunes de 15 à 22 ans, dont 250 sortants des CO, étaient inscrits à la « Plate-Forme Jeunes » dans le but de bénéficier d’une mesure transitoire financée par le Service Public de l’Emploi (SPE). Parmi eux, une cinquantaine de participants transiteront par le Centre de Préformation Professionnelle (« La PreFo »), au cœur de la zone industrielle de Grolley… Là, éducateurs, psychologues, enseignants et maîtres socioprofessionnels veillent à ce que la préparation de leur avenir se décline pour ces futurs apprentis en 50 programmes individualisés : « Compte tenu de la situation personnelle de chaque jeune, on doit faire du sur-mesure et pas du prêt-à-porter ! » déclare J.-L. Bourquenoud, responsable du centre.
Et il y a du pain sur la planche : on travaille sa gestuelle dans les divers ateliers, on apprend à téléphoner à un patron, à faires des lettres, des CV, on révise ses maths, son français, on réfléchit sur son comportement, on assimile les codes sociaux de politesse… Suivi par un référent qui l’a aidé à bâtir son projet et qui se porte garant de l’évolution des choses, le jeune fixe avec lui ses objectifs hebdomadaires : c’est sa façon de prendre son avenir en main. « Ici, j’ai surtout compris que j’ai des qualités, et ça, c’est nouveau pour moi ! », relève, souriant, Nicolas.
Au final, le futur patron de cet apprenti aura (qui sait ?) de la chance : il pourra démarrer l’aventure d’un apprentissage avec un jeune réellement prêt à apprendre un métier et apte à intégrer le monde professionnel !
Par Laurence Rossier Bernard, enseignante
Rte de l’Industrie 7
1772 Grolley
T. 026 476 66 00
F. 026 476 66 01
https://www.ffj.ch/la-prefo/













